Choix - Qu’est-ce qui fait une bonne école ?
 

Rédaction en ligne
Mis en ligne

 

La question brûle les lèvres des parents depuis de nombreuses années : quelles qualités font qu’un établissement est bon ou moins bon ? Si certaines écoles jouissent d’une réputation flatteuse quand d’autres sont montrées du doigt, il n’existe aucun « classement » officiel ni même de réponse toute faite partagée par les spécialistes. Certains critères permettent cependant d’objectif le débat.

 

 

En mai 2012, l’Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique (UFAPEC) a publié les résultats d’une enquête sur « les critères de choix d’une école par les parents. » Ce document a le mérite d’identifier les priorités des familles et leurs préoccupations lorsqu’elles choisissent un établissement scolaire pour leurs enfants. En voici les principaux : 
Une ambiance agréable. Equilibre entre l’atmosphère studieuse et le bien-être, l’école doit pouvoir être un lieu d’épanouissement, de travail et de socialisation. « On ne choisit pas une école par ouï-dire, mais pour son ambiance, son projet…  Une grande école bruxelloise peut ne pas correspondre à un aîné mais convenir à un cadet », commente Bernard Hubien, secrétaire général de l’UFAPEC.
Une formation de qualité. Haut-lieu de l’apprentissage, l’école doit pouvoir dispenser un enseignement qualitatif et conforme aux programmes officiels. « Plus que le taux de réussite ou d’échec qui ne signifient pas grand-chose à eux seuls, il faut aussi regarder du côté du taux de redoublement, d’exclusion, de remédiation. C’est là qu’on verra si toute une classe d’âge a été conduite à passer dans la classe supérieure, où s’il y a eu quelques laissés-pour compte. »
Un encadrement en suffisance. Qui dit bonne école dit aussi professeurs et encadrants compétents, attentifs à l’apprentissage des élèves ainsi qu’à leur épanouissement. « Savoir ce que fait l’établissement, comment il travaille et ce qu’il propose aux parents comme aux enfants est fondamental. »
Un projet pédagogique intéressant. Avec des actions menées tout au long de l’année, le projet pédagogique doit plaire à votre enfant si vous voulez qu’il s’investisse dans les initiatives menées par les professeurs. « Un critère qui n’est parfois pas assez envisagé, déplore Bernard Hubien. Pourtant, il donne une assez bonne vue d’ensemble de ce que peut être l’école au quotidien. »
La conformité aux valeurs familiales. Considérée comme important par 80% des répondants de l’enquête, « elle doit passer bien avant la réputation de l’établissement », avance M. Hubien. Ouverture d’esprit, tolérance, justice, discipline, sont quelques valeurs primordiales évoquées par les parents durant le sondage. 
 
Annabelle Duaut
 
 
 
« Un rapport consumériste 
à l’école »
 
 
 
 
 
A quoi reconnaît-on une bonne école ? Il n’y a pas vraiment de consensus sur ce que serait une bonne école. Les normes varient selon l’époque, le contexte, le milieu social, les visées poursuivies... Idéalement, toutes les écoles devraient pouvoir former des individus réflexifs, épanouis, ouvert à la culture de l’autre et sur le monde, capables de poursuivre des études et de s’insérer sur le marché du travail… En pratique, l’accent sera mis sur l’un ou l’autre aspect car les écoles tendent à s’adapter à leur environnement et à se spécialiser en fonction de leur recrutement. Aux yeux des parents, bien souvent, le premier critère qui détermine la réputation d’une école ce sont précisément ses élèves. Il est vrai que la performance d’une école est étroitement dépendante de son recrutement notamment en Belgique où les établissements sont assez différenciés en termes de fréquentation et concentrent des publics favorisés et défavorisés. 
 
Une bonne école est-elle une école d’enfants favorisés ? Se baser sur le public d’une école pour juger de sa qualité est réducteur. Bien sûr, une école avec des bons élèves sera plus facilement performante qu’une école avec un public défavorisé. Mais les pratiques pédagogiques et la façon dont l’école est gérée sont aussi très importantes. Des écoles à discrimination positive peuvent être très bonnes. Un bon établissement en sera un si, compte tenu de son public, il parvient à lui apporter une plus-value pédagogique. 
 
A quand remonte l’importance attribuée à la question de la qualité d’une école.  Elle est apparue il y a une trentaine d’années. Au début des années 80, les familles ont commencé à développer un rapport plus consumériste à l’école. Un phénomène aussi dû à la massification de l’enseignement et à la différenciation des filières, avec des parcours plus ou moins valorisés. L’individualisation du choix de l’école s’est aussi accentuée avec le contexte de crise car la scolarité suivie permet ou pas de s’insérer sur le marché de l’emploi. D’où l’angoisse de certains parents à l’idée de ne pas avoir d’école  pour leurs enfants. Aujourd’hui, on met beaucoup de pression sur l’école, ce qui renforce la concurrence et la polarisation entre les différents établissements. On est de plus en plus dans une logique marchande, d’où le souhait des politiques de réguler via le décret inscription qui visibilise et renforce encore l’importance attribuée à cette question du choix de l’école. 
AD
 

 

Osez la rencontre !